15 ans, âge ingrat

“15 ans sans titre, ça commence à bien faire !” Voilà la phrase qu’on peut entendre le plus souvent dans la bouche des mécontents. Pourtant, aucune phrase ne peut être plus stupide que celle-ci. Il faut bien que quelqu’un le dise une bonne fois pour toutes : il faut être idiot pour prononcer cela sans tilter.
L’OM version 2008/2009 entame la saison ; les joueurs arrivent, l’équipe se met en place, et voilà qu’on serine nouveaux et anciens : « attention les gars, l’OM n’a plus rien gagné depuis 15 ans, trop c’est trop ! ». Une simple question :
si l’OM n’a plus rien gagné depuis 93 (excluons le titre de champion de France de d2, qui pour un club en faillite tout juste rétrogradé est un petit exploit !), est-ce de la faute des joueurs actuels ? De l’entraineur actuel ? Du président actuel ? Et même de l’actionnaire actuel ? Aucun n’était là depuis 93 que je sache. Ce ne ont pas eux qui ont fait descendre l’OM en d2. Ce ne sont pas eux qui ont mis l’OM en faillite. A la limite, qu’on dise alors « C’est scandaleux, l’OM n’a rien gagné depuis 3, voire 4 ans ! » Là oui, il y a une certaine logique : le staff était à peu près déjà en place, et l’effectif commençait à se stabiliser.
Nous n’avons pas les mêmes valeurs…
Et puis, quel grand fourre-tout que ce mot de « titre » ! Une Ligue des Champions, un championnat remporté, une coupe de France ou de la Ligue, ce sont tous des titres. Mais ont-ils pour autant la même valeur, la même saveur ? Un club qui serait en division 1 depuis 15 ans, et qui durant ces quinze ans aurait remporté en tout et pour tout une coupe de la Ligue a-t-il fait mieux pour autant qu’un club double finaliste de la coupe UEFA, double finaliste de la coupe de France et double finaliste du championnat de Ligue 1 ? Et si à l’OM en début de saison ont raisonnait de cette façon ?
« Bon, ça fait maintenant 15 ans sans titre, ça suffit, trop c’est trop… alors on a décidé : cette année, on laisse tomber le championnat, la coupe de France et la coupe d’Europe et on mise tout sur la coupe de la Ligue. En 5 matches, on a la possibilité de remporter le trophée qui nous échappe et nous ridiculise depuis 93. Comme ça on aura enfin fait taire les supporters adverses, on aura calmé les nôtres, et on sera tous satisfait du travail accompli ». Excitante perspective !
Alors cet argument des quinze années de disette, par pitié, stop !
Passé la forme même de cette exclamation, intéressons-nous au sens. Qu’y a-t-il derrière ces quinze ans ?
Parmi ceux qui la prononcent, bon nombre sont des vulgaires comptables, qui n’apprécient le sport qu’au travers des chiffres et des récompenses. D’autres sont tout simplement dans un esprit de compétition entre supporters et ne voient l’OM que comme un moyen –comme un autre- de se mettre soi-même en avant. Ainsi, ils se sentent personnellement visés lorsque des supporters adverses les taquinent et aimeraient que l’OM remporte n’importe quoi, n’importe quel trophée, même le plus minable, pour pouvoir s’en vanter ensuite sur les forums.
Les plus sérieux d’entre eux, ceux qui m’intéressent et auxquels j’ai envie de répondre, ont l’impression que l’OM fait du surplace depuis la remontée en L1. Que l’OM est devenu ou devient avec le temps un club comme les autres.
On n’a plus rien gagné depuis 15 ans, mais j’ai envie de dire… et alors ?
Demandez aux stéphanois et leurs 27 ans sans le moindre titre, et 25 ans sans la moindre participation à une coupe d’Europe, ce qu’ils en pensent !!! Avant de remporter le titre de champion en 2002, l’OL n’avais jamais été champion depuis sa création en 1950 (sans compter les deux clubs qui ont fusionné, le plus ancien créé en 1899), soit 52 ans ! Et toutes compétitions confondues, il s’est écoulé 28 ans entre une victoire en coupe de France remportée en 1973 et la victoire en coupe de la Ligue 2001 ! Le Président actuel de l’OL est arrivé au club en 1987, il y a 21 ans. Il a remporté son premier trophée avec Lyon « seulement » 14 ans plus tard, et son premier titre… quinze ans tout juste après sa prise de fonction. On a coutume de dire qu’il est parti de rien. On s’occupera de son cas plus tard…
En tout état de cause, nos 15 ans ne pèsent pas bien lourd. Laissez-moi donc, au risque d’en faire rougir
certains de colère, vous déclarer calmement que « 15 ans sans titre », ce n’est pas bien dramatique…
Que s’est-il passé de l’an 1 à l’an 15 de ce néant ?
Lorsque le Big Bang judiciaire terrasse le dernier des dinosaures du football français, un certain Bernard Tapie, l’OM se retrouve en faillite. Dépôt de bilan. Rétrogradation en division inférieure. Interdiction de participer aux compétitions internationales. L’OM est mort. Vive l’OM !
C’est donc un tout nouveau club, que les choses soient bien claires, qui débute en division 2. Pourtant, premier exploit, le club parvient à se hisser en 16e de finale de la coupe de l’UEFA, en demi finale de la
Coupe de France, et est sacré champion de d2 !!! Mais pour autant l’OM n’est pas sorti d’affaire. Le dépôt de bilan est prononcé à l’issue de la saison et justifie le maintien de l’OM dans cette division…). Malgré tout, et c’est un deuxième exploit : l’OM termine à la seconde place au printemps suivant et obtient ainsi son accession à l’élite. L’équipe est composée de jeunes pousses et de joueurs inconnus alors, solidaires autour d’un certain Tony Cascarino. Qui pourrait citer aux ¾ l’effectif de l’époque ?
L’OM est de retour. Ou plutôt devrai-je dire, le second OM. Il serait intéressant de savoir, dans l’Histoire
du football français mais également international, combien de clubs ont réussi à devenir champions l’année suivant leur accession à la première division. Et même la seconde année. Partant du principe que c’est un exploit irréalisable, je me permets de considérer ainsi que ces deux années de division 2, puis les deux années suivant la remontée ne peuvent de ce fait pas être prises en compte : elles ont compté pour du beurre. Nous en sommes à présent à … 11 ans sans titre. Eh oui, tout de suite ça parait moins énorme.
Stabilisé en d1 –ce qui était tout à la fois le minimum à exiger, mais une tache loin d’être acquise d’avance-
(là encore, une statistique intéressante : quel pourcentage de promus obtiennent le maintien lors de lors deux premières saison en d1 ?), nous sommes désormais à l’orée de la saison 97/98. L’OM nouveau à deux ans tout au plus et pas encore toutes ses dents. Un certain Robert Louis Dreyfus en est le propriétaire. Une fois de plus, l’OM réalise une grande performance, qui –comme nous l’avons vu tout à l’heure- aurait certainement rendu heureux tout stéphanois : l’Europe ne se sera passé que cinq minuscules années du grand OM (dont une d’interdiction) !!! Et pour un retour, quel retour : à Bologne, le club phocéen obtient sa place en finale ! Six ans, il se sera écoulé six ans entre Munich et Moscou ! Une éternité dans la vie d’un enfant, mais tellement peu à l’échelle du football. D’autant moins lorsqu’on s’imagine que l’OM passe à un cheveu de Porato du titre, acquis dans des circonstances pour le moins ambigües par Bordeaux ! Qui peut alors en vouloir à cette équipe là de ne pas avoir remporté de trophée ?
Cela ferait alors 9 ans sans titre. On entendrait partout proclamer « Bientôt 10 ans sans titre, ça suffit ! ».
Et si on avait remporté la coupe UEFA en 2004, et si, et si…
Moi je vais vous le dire : s’il faut pleurer sur notre passé et trouver des responsables, qu’on les cherche à la fin de la saison 98/99. Qu’on trouve et qu’on pende haut et court ceux qui ont vendu Laurent Blanc, ceux qui n’ont pas réussi à stabiliser une équipe pourtant deuxième du championnat et finaliste de la coupe d’Europe. Eux, eux seuls, sont les responsables, et puisque ça à l’air d’être à la mode de chercher des coupables.
Mais j’ai beau ne pas y connaître grand-chose en foot et en Olympique de Marseillisme, il me semble quand même qu’à cette époque, Anigo, Diouf, et Buzar n’étaient pas encore à l’OM.
septembre 25, 2008 Ã 5:26
[...] 15 ans, âge ingrat. N’est-ce pas les rebelles ?! __________________ La page de garde noir, le blog qu’il craint degun !* [...]
janvier 4, 2009 Ã 4:24
C’est quoi ce blog de m*** !
Stop tout l’ami ça craind !